DECONVENUES ET DIALOGUES DE SOURDS - CONTAMINATION DE NOTRE PENSEE

 


 

1- Je monte dans ma voiture et au bout de quelques minutes j’arrive sur un rond-point à sens giratoire avec quatre voies. Comme il n’y a aucun véhicule arrivant sur ma gauche, je m’engage ; mais là au beau milieu du rond-point, un véhicule venant sur ma droite me coupe la route. Manifestement, une fois de plus, ce conducteur ne connaissait pas les règles de priorité sur les ronds-points à sens giratoire où la priorité à droite ne s’applique pas ; 

2- Toujours dans ma voiture, j’arrive à un croisement où je suis prioritaire ; et là un automobiliste me coupe la route ; j’ai eu juste le temps de freiner ;

3- J’entre dans le supermarché où j’ai l’habitude de faire mes courses et je ne trouve pas de la gelée de cassis dans les rayons. Peut-être ai-je mal cherché. Alors je m’adresse à une employée dont je connais l’ancienneté et lui demande si ce produit est en rupture de stock. Elle me répond : « La gelée normale, je vois ce que c’est, mais la gelée de cassis je ne connais pas » ! ; 😠

4- Je poursuis mes courses vers la grande surface de la zone industrielle pour acheter de la peinture. Je demande au vendeur où se trouve la peinture glycérophtalique d’extérieur pour bois, couleur blanc cassé en pot de 2 litres. Le vendeur, réfléchissant difficilement me répond : « C’est-à-dire ? » 😠 

5- J’ai pris un rendez-vous en visio-conférence avec un médecin anesthésiste mais malheureusement, une heure avant ce rendez-vous un impératif familial nous oblige, mon épouse et moi-même, à partir en voiture vers Paris. Afin d’être disponible pour cette visio-conférence à l’aide du téléphone mobile, je demande à mon épouse de prendre le volant.

Quand la visio-conférence commence, j’explique à l’anesthésiste que je suis en voiture, assis du côté passager et que mon épouse conduit. L’anesthésiste qui trouve que la situation est inédite me demande : « C’est vous qui conduisez ? ». Sans commentaire ;

6- Mon plus jeune fils ne supporte plus un professeur qui l’insulte. La chose est connue par d’autres parents d’élèves et le proviseur en est saisi. Malheureusement, le problème tarde à être traité et la situation perdure. Un matin, n’en pouvant plus, mon fils emporte dans ses poches un médicaments pour se calmer que l’on donne aux jeunes enfants : de la mélatonine. C’est un médicament qui est vendu en comprimés de 1 à 1,5 milligrammes seulement et bien connu des infirmières et des médecins. Ainsi, mon fils a absorbé avant le cours 5 milligrammes de mélatonine qui l’ont rendu somnolent. C’était pour lui la seule façon de supporter les sautes d’humeur et les insultes de ce professeur. Mais son état somnolent a été signalé à l’infirmière du lycée qui n’a rien trouvé de mieux que de de me téléphoner pour me dire « qu’elle n’avait pas que çà à faire et qu’elle allait appeler le SAMU ». Transporté aux urgences de l’hôpital le plus disponible, mon fils a été examiné par le médecin urgentiste de garde, et la situation devient ubuesque. Arrivé sur les lieux pour ramener mon fils à la maison on me demande de signer un papier de décharge où il est écrit « que l’absorption de mélatonine peut entraîner la mort ».

Même si ce médicament n’a rien de comparable au Tramadol évoqué par les urgentistes, j’ai été quand même très surpris de découvrir par la suite que les infirmières avaient noté 5 grammes au lieu de 5 milligrammes ce qui dénote une totale méconnaissance de ce type de médicaments pourtant bien connu et dont le dosage de 1 gramme par comprimé n’existe pas. Le plus désolant de cette affaire fut la mention portée sur les raisons de l’intervention du SAMU : « Tentative de suicide par IMV » (Intoxication médicamenteuse volontaire). Quid de l’analyse d’urine effectuée sur mon fils ce jour et qui ne révélait rien de tel ? Ahurissant !

Je pourrais en écrire comme cela des pages et des pages tant l’incompétence se répand dans cette société du médiocre, de l’ignorance, du racisme et de la bêtise. Société « du spectacle » où la seule chose qui compte « c’est d’avoir l’air ». Alors, n’attendez plus comme autrefois que votre interlocuteur soit représentatif de la catégorie sociale à laquelle il prétend appartenir car vous risquez d’être bien déçu. Du médecin au mécanicien automobile en passant par le spécialiste de cette grande surface ou le fonctionnaire de service, une fois sur deux, on vous servira « de l’à peu près », voire du n’importe quoi. 

J’en suis arrivé à me dire que je ne pouvais plus faire entièrement confiance à personne car, le médecin peut se tromper, le technicien peut m’induire en erreur, l’automobiliste peut me refuser une priorité etc…Et en plus, je m’aperçois souvent que je me débrouille mieux tout seul. Comme me disait un ancien commissaire, qui étendait la réflexion au déroulement de carrière : « pas très haut, mais tout seul ! ». Il y a aussi notre façon de penser qui évolue à notre insu et, si nous n’y prenons pas garde, nous risquons d’être contaminés entre autres par le mécanisme des moteurs de recherche sur internet qui réagit en fonction de mots-clés.

Faites l’expérience de poser une question par exemple à un personnel de grande surface pour trouver un produit ; il y a de fortes chances que vous soyez dirigés vers la mauvaise direction si vous n’avez pas bien choisi les mots-clés. C’est à cause de cette contamination et de la tendance à vouloir mettre rapidement de l’ordre autour de soi en usant des clichés que se répandent dangereusement les idées fausses. Comme la lecture se perd, la pensée aussi et souvent votre interlocuteur ne sera pas capable d’être attentif à ce vous dites, voire même de vous comprendre et qu’il ne puisse pas réagir autrement qu’en saisissant au hasard quelques mots dans vos paroles pour les comparer à ceux qu’il a dans son esprit comme ces standardistes qui vous répondent au téléphone en consultant les réponses toutes faites pour chaque sujet dans un tableau qu’ils ont devant les yeux. Il ne faut donc pas s’étonner, d’avoir de sérieuses déconvenues quand on rencontre de tels individus. Et devant ces dialogues de sourds où l’on nous répond n’importe quoi, je pense souvent à ce vieux proverbe (Arabe ou Chinois) : « Si ce que tu as à dire est moins beau que le silence, tais-toi ».

 

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